Oct 032012
 
 October 3, 2012  Posted by  Enfance et Éducation, Non classé Comments Off on Hommage à…suite

Il y a quelque temps (d’accord, d’accord, il y a presqu’un an), j’avais débuté l’écriture de textes dédiés à mes enfants. À l’époque, Xavier et Camille m’avaient particulièrement inspirés à l’écriture. Aujourd’hui, c’est le tour de mon fils aîné,Mikaël, qui aura bientôt 14 ans (my God le temps file trop vite!)

Après avoir accueilli et porté son frère et ses soeurs, le voici avec son cousin, bébé Loïk, tout chaud tout frais, à un jour de vie.

Depuis près d’un an mon premier né évolue beaucoup et rapidement, et je ne parle pas ici seulement de la longueur de ses jambes et de la grosseur de son estomac! Des goûts particuliers se sont développés alors que d’autres ont émergé, dans un élan ininterrompu de curiosité.

Pour débuter, j’aimerais remercier le RMS Titanic d’avoir coulé il y a 100 ans ainsi qu’à la White Star Line pour avoir conçu ce géant des mers. Cela inspire mon grand d’une manière inimaginable! Je porte également mes plus sincères remerciements à moi-même, la mère, pour avoir su transmettre ma passion pour la cuisine. Je peux régulièrement prendre congé de souper et déguster des brioches fraîches au petit déjeûner! 😉 Et mes derniers remerciements vont à mon mari qui, par sa passion du sport, a entraîné Mikaël au vélo, au karaté et maintenant à l’escalade. Tellement que maintenant, fiston fait partie de l’équipe d’escalade chez Horizon Roc et participera bientôt à sa toute première compétition.

Vous voyez un peu le portrait? Parfait!

Bon alors on m’avait bien prévenu: ah l’adolescence, période mouvementée, tu verras, toi aussi tu y goûteras! Et c’était presque vrai depuis un an: sautes d’humeurs, réponses plates, contestations, des débuts plutôt houleux. Mais ça, c’était AVANT que fiston ne trouve son “groove” dans la vie: les sports, les naufrages et les filles! Depuis que tout s’est mis en marche et que nous avons adopté un style de vie plus respectueux de son rythme, Mikaël s’épanouit. Et oui, en moins d’un an, je suis passée de l’inquiétude à l’émerveillement. Il faut dire que Mikaël adore faire du bruitage et je commençais à trouver préoccupant de voir ce grand gaillard faire des bruits de sabre laser à longueur de journée. Un peu lunatique, il est du genre à se raconter en boucle les meilleurs moments du dernier film visionné. Le voir ressasser et rire seul des scènes vues dans Les Schtroumpfs, le film me laissait perplexe. En fait, non, il n’était pas seul, il avait en sa fratrie tout un fan club prêt à éclater de rire juste au bon moment! Et parfois tout cela se faisait à demi mot. Aussi bien dire que je n’étais pas dans le coup. De toute façon moi les Schtroumpfs…

Rassurez-vous chers lecteurs, cette manie n’est pas disparue, il fait toujours du bruitage, mais il y a maintenant place pour tout un éventail d’intérêts plus pointus.

Tout a commencé en 1997 alors que j’en étais à mon sixième visionnement du film Titanic. Je me pâmais devant Leonardo Di Caprio et pleurais chaque fois sa mort dans les eaux glaciales de l’Atlantique. NON! Vous voulez pas savoir ça! Je blaguais sur toute la ligne…sauf sur le nombre d’entrées au cinéma, jour du “Grand Verglas” inclus…D’accord je pleurais, je l’avoue. Et comme une madeleine en plus. Z’êtes contents là?

Bref, Mikaël est né l’année suivante et déjà à un an il faisait couler ses légos dans le bain en criant: Iceberg right ahead!. MAIS NON  vous n’y êtes pas, c’est Starwars Episode 1 que nous l’avons amené voir lorsqu’il n’avait que six mois (d’ailleurs ça doit être ça les bruits de sabre laser vibrant constamment dans sa tête, ;-p  Shame on his parents!

Revenons à notre ado voulez-vous?

Depuis plusieurs années, Mikaël s’intéresse au Titanic. En tout premier lieu au film et à sa musique (aspect TRÈS important pour un jeune garçon voulant revivre les grands moments d’actions). Je vous informe que le disque compact est désormais inutilisable! Je crois même qu’il s’est aminci avec les heures d’écoute.

Avec le centième anniversaire du naufrage, l’intérêt est vite remonté à la surface. Juste avant l’expo-projet de notre groupe de soutien au printemps, Mikaël m’avait fait acheter une maquette chez le libraire. Un livre cartonné avec des pages remplies de lignes, de chiffres et de lettres pèle-mêle et des instructions qu’il fallait lire en anglais et en espagnol pour être certain de comprendre la version française. La grosse affaire quoi! Allons donc!  Ces quelques technicalités n’allaient pas empêcher mon grand de réaliser cette maquette 3D de 135 cm de long.

Muni d’une planche de travail, d’un exacto, de colle, de ciseaux et autres instruments d’agrément, de motivation et d’une importante dose de concentration,  il s’est mis au travail. Ce n’était pas un paquebot centenaire enfoui dans les profondeurs océaniques qui allait l’intimider! Pendant E-X-A-C-T-E-M-E-N-T deux semaines et cinq jours, de 9h le matin à 16h (excluant une heure de pratique de piano, une marche et un dîner), il s’est affairé à couper, coller, décoller, recoller, plier le carton qui, au fil des jours, prenait la forme du paquebot disparu. C’était tout simplement magnifique! Je n’avais jamais vu mon fils aussi motivé par un projet, aussi assidu. Et quelle fierté de pouvoir le présenter au Symposium, où il tenait une table avec sa soeur, ainsi qu’à l’expo-projet, car en plus du montage de la maquette, Mikaël avait lu et mémorisé une grande quantité d’informations techniques. C’est qu’il a de la mémoire le gars et il avait de quoi jaser, le Titanic est source d’intérêt autant pour les grands que les petits.

 

Devant cette grande passion, nous lui avons suggéré, pour les vacances d’été, de faire un léger détour et d’aller à Pointe-au-Père visiter le musée d’un autre grand disparu: l’Empress of Ireland. Que de bonheur et de découvertes pour toute la famille. Et en prime, un étage de la maison du pêcheur consacré au Titanic, 100è oblige. L’ancre est levée et Mikaël tient le cap depuis des mois. Il lit et visionne des films sur l’histoire des naufrages des grands paquebots du 20è siècle. La Bibliothèque Nationale révèle tout à coup des trésors cachés. Lucky Luke peut bien chevaucher Jolly Jumper tout en vidant son six coups dans les rayons, le Lusitania, le Mauritania, l’Olympic et autres transatlantiques ont pris d’assaut l’imaginaire de mon fils et l’instruisent sur une foule de sujets connexes: l’histoire, la géographie, les fouilles sous-marines, leur construction, etc.

Je suis fascinée par cette passion qui le prend tout entier (ou presque!). Très souvent dans une journée je le vois, plongé dans un documentaire, subjugué par ces géants du passé. Qui sait où cela le mènera. En tout cas pour l’instant, cela l’amène à nous faire des cours magistraux sur les spécificités techniques et historiques des paquebots! Il faut le voir prendre un air sérieux et un ton docte lorsqu’il veut nous partager ses découvertes. De toute beauté.

Et comme un bonheur ne vient jamais seul, Mikaël a développé un goût marqué pour la boustifaille. La manger oui, mais la faire aussi, et de manière complètement autonome. Du souper aux crêpes, en passant par les brioches et autres gourmandises, plus de secret pour ce cuistot, que des occasions de découverte! Faut dire que les deux autres ont également emboîté le pas; cette semaine Xavier nous a fait une succulente pizza, de la confection de la pâte à la garniture. J’ai hâte de goûter aux délices de Camille! Bientôt je serai reléguée au torchon à vaisselle 😉

Sur un mur d’escalade dans une polyvalente de la Rive-Sud (merci à Irina pour la photo).

Et que dire maintenant de la motivation sportive de notre gaillard…ah oui je sais: je ne pensais pas qu’il entrerait si vite dans l’équipe de compétition!!! Lorsque je l’ai accompagné à la journée de sélection, je m’attendais à ce qu’on lui dise qu’il manquait d’expérience (il pratique depuis moins d’un an, de façon irrégulière) et de revenir l’année prochaine. Or surprise, il fut accepté sur la base d’une grimpe et d’une entrevue où le “coach” pu constater son niveau élevé de motivation. D’ailleurs il revient souvent en parler avec mon mari, car Mikaël semble apprendre comme une éponge et avec “full” plaisir! En plus, la vie est tellement bien faite que l’une de ses co-équipières habite à cinq minutes de chez nous et ils font du co-voiturage. Tsé quand les astres s’alignent…Pour en beurrer une couche de plus, il s’agit d’une jeune fille de son âge complètement passionnée par l’escalade et les Hunger Games. J’crois qu’on a un filon là. 😉 Depuis près d’un mois, mon fils disparait plusieurs soirées par semaine, entraînements obligatoires et optionnels obligent. C’est un horaire très chargé, mais quelle joie de le voir entrer ou sortir de la maison, le sourire fendu jusqu’aux oreilles. Il a même commencé à prendre le métro seul et, ma foi, ça s’est très bien passé.

Le seul point plutôt tristounet de cette belle histoire, c’est que, faute de moyens $$$, nous avons dû lui faire choisir entre les leçons de piano et l’escalade. Avec quatre enfants, il nous était impossible de payer les deux en même temps. Le piano peut toujours être pratiqué de la maison,mais exit les cours pour l’instant. Heureusement, nous avons quelques souvenirs des prouesses de notre jeune homme. Il avait quand même atteint un niveau intéressant et il était très assidu aux pratiques. Une bonne self discipline.

Nous sommes dans un élan favorable en ce début d’automne. Il y a eu quelques épisodes houleux, mais je suis confiante que nous maintiendrons ce cap positif pour quelque temps.

Xavier l’artiste a repris ses crayons à B.D. et son violon et fait maintenant parti de l’Orchestre. En est-il heureux et à 100% consentant? Je n’oserais l’affirmer, mais il continue à évoluer dans ses pratiques et en cours avec son professeur, ce qui est bon signe. De plus, il a maintenant quelques copains violonistes, ce qui rend les cours plus intéressants. Si tout se déroule comme prévu, il jouera une pièce en duo avec sa soeur pour Noël. J’ai bien hâte de les entendre. Surtout que Xavier a dit oui sans hésiter cette fois!

Camille quant à elle s’est mise à l’apprentissage intensif de l’anglais. Elle et Xavier élèvent deux salamandres depuis une semaine. Une jolie cueillette. On a des bestioles bien traitées dans notre vivarium. Sinon, notre belle jeune fille écrit et poursuit l’étude du piano, entre autres curiosités. D’ailleurs on entend beaucoup Le printemps de Vivaldi et la Marche Turque de Mozart ces temps-ci. Bah ça change un peu des Gavotte et des Menuet au violon! Une autre jeune personne très assidue dans les engagements qu’elle prend avec elle-même.

Et ma belle Bianca-Rose…ma petite boule d’énergie, danseuse/trapéziste/philosophe. Elle adore se faire lire Raconte-moi les sons, se demander ce qu’elle fera de sa vie et chanter Waka Waka, son hit préféré de l’heure! Je sais, ça date un peu, mais nous on attend les partys de mariage pour parfaire notre culture musicale populaire alors il est possible que nous soyons…comment dire…légèrement décalés! Et qui eut cru que Shakira entrerait chez nous par la grande porte!?

Pour finir, une seule déclaration à faire:

Félicitations Mikaël, tu grandis en beauté et je suis privilégiée d’en être témoin. Par contre, faudra travailler un peu les techniques de calcul hein?! 😉

 

May 042012
 
 May 4, 2012  Posted by  Enfance et Éducation, Inspiration, Non classé Comments Off on L’écucation passe par la connaissance de soi

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Je suis abonnée au blogue Joyeuse Éducation. Ce matin y était publié une entrevue, parue dans la revue CLES – Retrouver du sens. Je suis allée chercher l’article à la source pour vous le diffuser à mon tour. Je connais peu Krishnamurti, mais son livre, De l’éducation, m’avait énormément inspirée. Et il y a certainement des liens possibles à faire avec ce que nous vivons au Québec présentement (pas seulement dans la belle province, mais je parle pour ce que je connais).

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L’éducation passe par la connaissance de soi

Entretien avec Louis Nduwumwami, propos recueillis par Fabrice Hervieu

Revue CLES–Retrouver du sens

Toute la réflexion du philosophe Krishnamurti sur l’éducation vise à donner aux enfants une chance de grandir sans préjugés emprisonnant leur mental, leur créativité et leur humanité. Pour une vision globale de la vie.

Jiddu Krishnamurti, décédé à Ojai aux Etats-Unis en 1986 est né en 1895 dans le sud de l’Inde à Madanapalle, Le sage va faire de l’éducation un de ses principaux thèmes de réflexion. Pendant près de soixante ans, il voyage dans le monde entier, donnant surtout des conférences publiques, s’adressant souvent aux jeunes et aux étudiants. Il a marqué plusieurs générations de penseurs de renommée internationale en psychologie, en philosophie et en sciences de la matière. Krishnamurti a publié plus d’une trentaine d’ouvrages, et il existe aujourd’hui sept écoles se réclamant de son enseignement dans le monde. L’homme ne se réfère à aucune religion, à aucune secte, à aucune philosophie, ni à aucune nationalité, car son enseignement vise non pas à convaincre de sa propre vision, ni à faire adhérer à ce qu’il énonce, mais à déclencher chez les individus un processus de découverte et d’auto-observation. Tout son enseignement consiste en une description de ce que nous sommes en tant qu’être humain. Son objectif est donc de libérer psychologiquement les individus. Louis Nduwumwami, professeur de philosophie de l’éducation et d’an- thropologie culturelle à l’université du Burundi, a publié une thèse de doctorat d’État sur la conception de l’éducation selon Krishnamurti.

Nouvelles Clés : Krishnamurti souhaitait-il la suppression du système éducatif tel que nous le connaissons en Occident ?

Louis Nduwumwami : Krishnamurti ne va pas jusqu’à exiger la suppression de l’école en tant que telle, mais il souhaite, à plus ou moins long terme, la disparition du système éducatif actuel qui fabrique selon lui des jeunes névrosés et immatures. Notamment en leur inoculant les germes corrupteurs de la violence, des divisions nationales et religieuses. Ce système, que l’on ne retrouve pas seulement en Occident mais un peu partout dans le monde, se contente de transmettre un héritage culturel ou scientifique dans une ambiance souvent contraignante et autoritaire. Il attend de ses élèves qu’ils ne soient que de bons enregistreurs de connaissances avec, pour tous, le même but à atteindre. Une uniformité jugée en plus inadaptée parce que trop élevée pour certains et pas assez pour d’autres. L’école traditionnelle apparaît donc comme une puissante machine à conditionner les comportements, réduisant l’originalité, la spontanéité et la liberté par un entraînement intensif au conformisme et à l’obéissance servile. Or, selon Krishnamurti, la toute première des tâches, pour le maître comme pour l’élève, est de refuser les conditionnements qui transforment l’homme en automate et emprisonnent son cerveau.

N.C. : Mais que manque-t-il profondément à cette école traditionnelle, selon Krishnamurti ?

L.N. : Surtout une vision globale de la vie. Il veut créer une école qui envisage la vie dans sa totalité. Pas une école qui forme seulement l’ingénieur, le chimiste, l’architecte, le boulanger, mais une école qui forme tout l’homme. Il donne une place exceptionnelle à ce qu’il appelle la connaissance de soi. Krishnamurti ne demande pas de se couper de ses racines, mais d’abord d’en prendre conscience. Il y a par exemple des religions fondées principalement sur la peur qui peuvent représenter un lourd handicap dans la vie de certaines personnes. Dans ce cas, il s’agit de prendre conscience de cet héritage, et de tenter de s’en libérer.

Dans toute éducation, il y a toujours des conditionnements à dépasser.

N.C. : Peut-on dire que Krishnamurti reproche aux écoles traditionnelles d’occorder trop de place à l’intellect ?

L.N. : Bien sûr. Il ne faut pas, selon lui, seulement cultiver le cerveau et s’intéresser au savoir. Krishnamurti ne méprise pas le savoir, il s’est intéressé de près aux découvertes scientifiques, aux ordinateurs, il a même toute sa vie discuté avec les plus grands savants. Il cherche à épanouir tout l’homme : le coeur, le corps, la pensée, la sexualité, le sens du sacré.

N.C. : Pourquoi Krishnamurti refuse-t-il l’esprit de comparaison en éducation ?

L.N. : La comparaison entre deux enfants n’épanouit ni l’un ni l’autre. Or, les systèmes éducatifs d’aujourd’hui restent largement fondés sur cette notion de compétition entre les jeunes. Ils entraînent un climat de peurs, de tensions, de rivalités au sein de l’école. PourKrishnamurti « la pleine capacité du jardinier est la même que la pleine capacité du savant ». Parce que, précisément, il ny pas de comparaison : quel que soit l’enfant, il vaut n’importe qui. Et l’on ne peut épanouir ce que l’on est profondément si l’on perd du temps à se mesurer aux autres. Il disait : « Tant que nous prendrons le succès pour but, nous ne serons pas affranchis de la peur, car le désir de réussir engendre inévitablement la crainte d’échouer. » Cette course contribue même dans certains cas à la perte pure et simple de la vie : je pense par exemple aux cas de suicides de jeunes enfants au Japon.

N.C. : Comment, dans ce contexte, faire prendre conscience aux enfants de leurs conditionnements ?

L.N. : Tous les instants de la vie quotidienne sont une occasion de se connaître en pleine lucidité : s’observer soi-même, dans ses attitudes, dans ses relations avec les autres, dans les images que nous donnons aux autres… Voilà le début d’une véritable éducation pour Krishnamurti. C’est pourquoi son enseignement est avant tout celui d’un certain art de vivre accordant une place primordiale à la notion de relation : avec les autres, avec son environnement, avec la nature. Rééduquer les éducateurs est la priorité absolue pour Krishnamurti. Pour lui, le problème numéro un n’est pas l’enfant, mais bien les parents et les enseignants. On passe des années à apprendre à devenir médecin, mais n’importe qui se croit autorisé à s’improviser parent sans avoir été préparé à cette responsabilité sacrée.

Et finalement il n’est pas étonnant qu’il y ait tellement de dégâts.

N.C. : Mais comment demander aux adultes de lutter contre leur propre conditionnement, alors qu’ils sont déjà formés, alors que « le mal est fait » si l’on peut dire ?

L.N. : Krishnamurti dit qu’il faut oser poser des questions impossibles comme celle-là. Prendre conscience d’un conditionnement, d’une peur, d’une souffrance, c’est aussi les dépasser, les dissoudre. Est-il possible de se libérer du passé ? Un telle question, par son immensité et sa radicalité, peut nous réveiller, nous sortir de la médiocrité. Toute sa vie durant, jusqu’à son lit de mort, Krishnamurti a toujours répété qu’il n’appartenait à aucun pays, qu’il n’avait pas de nationalité. Il a refusé d’être un Indien, il a refusé d’être affilié à une tradition bouddhiste ou hindouiste, il a toujours refusé son rattachement à un mouvement… Et comme pour mettre en oeuvre ce détachement, pendant plus de soixante ans il a voyagé de manière pratiquement ininterrompue en ne séjournant que rarement plus de trois mois dans chaque pays. Et si on se penche vraiment sur sa pensée, on découvre que c’était peut-être un exemple vivant de « citoyen du monde ».

- Un centre de recherche à l’université, le Groupe de recherche sur l’enseignement de Krishnamurti (GREK), est né à la rentrée universitaire 1995 en France. Il dépend du département des Sciences de l’éducation de l’université Paris VIII et a pour objectif de promouvoir la connaissance de l’approche éducative du philosophe d’origine indienne. Voici quelques thèmes de recherche proposés à titre indicatif : « Krishnamurti et le silence en éducation » ; « Le sage et les sociologues : Krishnamurti, Pierre Bourdieu et le rapport aux conditionnements » ; « Krishnamurti, Gaston Bachelard, un rationalisme appliqué ? »

- Pour obtenir les adresses des écoles Krishnamurti dans le monde, la liste des ouvrages et des enregistrements vidéo d’entretiens : www.krishnamurti-france.org

Feb 132012
 
 February 13, 2012  Posted by  Actualités, Enfance et Éducation Comments Off on “Respirer le bonheur”

C’est le titre du premier livre de Jacynthe René, une comédienne québécoise. Je ne la connais pas particulièrement, je savais qu’elle avait fondé une école alternative, Les Cheminots, mais c’est à peu près tout.

Une connaissance m’a fait parvenir le lien d’une entrevue accordée par Mme René pour l’émission Tout le monde en parle (voir partie 5) le 12 février. Cette personne, avec qui j’échange régulièrement des courriels pour l’organisation d’un événement,  me relatait que la comédienne abordait des thématiques rarement discutées dans des émissions “grand public”. Curieuse, je suis allée visionner l’entrevue.

Je dois admettre qu’à quelques reprises, j’ai équarquillé les yeux lorsqu’il a été question de co-dodo (enfin, l’animateur l’a fait), de l’importance de répondre aux besoins de son enfant pour qu’il démarre confiant dans la vie; de ne pas le laisser pleurer, de le prendre, le bercer, le rassurer; de l’impossibilité, d’après elle, qu’un enfant goûte au bonheur avec des parents travaillant 40h/semaine; de l’appel très fort de rester à la maison lors de l’arrivée de son premier enfant, etc. etc.

Je partageais la plupart des points abordés par cette femme (les ayant vécu personnellement), et je l’admirais de les affirmer haut et fort dans ce type d’émission. D’ailleurs plusieurs de ses commentaires lui ont valu des répliques et des remarques d’un goût douteux (à mon avis) de la part du co-animateur. Il faut dire par contre que lorsqu’elle répondait aux questions, elle le faisait en dégoulinant de bonheur (et le mot n’est pas choisi à la légère). Il était clair que cette dame est très près de ses émotions et de son ressenti. Simple observation de ma part.

Agir à contre courant dans notre culture actuelle peut s’avérer énergivore, alors on n’a pas toujours envie de défendre/justifier nos positions ou nos choix. Au pire, on s’isole, mais on fait ce que doit envers et malgré tout. Il y a toute une série de zones grises et de nuances à apporter dans les propos que je viens de tenir, mais ma conclusion est que nous sommes toujours gagnants de vivre selon ce que nous souffle notre intuition. Suivre le courant actuel convient peut-être à plusieurs d’entre nous (au premier abord en tout cas), mais il ne faut pas hésiter à écouter nos besoins et ceux de nos enfants, peu importe les qu’en dira-t-on. Personne ne créera le bonheur à notre place alors pourquoi ne pas suivre sa Voie et sa petite voix pour y accéder? 🙂

Ainsi, sous les regards (et les commentaires), tantôt amusés, tantôt incrédules et même parfois moqueurs(m’a-t-il semblé) des autres invités, cette femme s’est affirmée, clamant haut et fort les valeurs de vie qui l’animaient et la rendaient heureuse. De s’être consacrée entièrement à ses enfants, pendant leurs cinq premières années, la rendait fière.

J’ai lu dans les commentaires, suite à la diffusion de l’émission, qu’il fallait parfois frustrer les enfants, les faire attendre, les faire passer en second et les faire pleurer afin qu’ils puissent se développer. Qui aime bien châtie bien, n’est-ce pas?  Plus loin, la même personne affirme que Jacynthe René:

(…) ne tente pas de préparer ses fils à vivre dans le monde tel qu’il est: elle veut arranger le monde pour qu’il soit parfait pour eux.

Way to go!  Si on veut que le monde change, il faut le penser et le vivre autrement! Je pense que le monde dans lequel nous vivons recèle suffisamment de situations tristes, frustrantes et révoltantes qui leur fournira tout ce dont ils ont besoin pour se développer à leur plein potentiel –dixit le commentaire d’une téléspectatrice-  sans que  nous en rajoutions à la base. De toute évidence, la vue d’une personne heureuse peut causer des dommages collatéraux! Y’a qu’à lire les quelques commentaires.

Le bout qui m’a le plus fait rigoler? C’est lorsque la comédienne a abordé la question de l’école alternative où les enfants peuvent progresser à leur rythme (mais toujours avec le sacro-saint programme du ministère), travailler en groupe multi-âge, avoir des parents très impliqués dans le fonctionnement de l’école, etc. La PREMIÈRE question que les invités scandèrent, presque tous en coeur, fut: passent-ils des examens? Et elle de répondre, un tantinet désinvolte: non, non, ils ont seulement un examen en sixième et on les prépare à le passer en cinquième année. Y’en a un qui a failli s’étouffer dans sa gorgée de vin (j’exagère là!!)!

Vous voyez, nous sommes ici dans une émission très regardée, avec de bonnes cotes d’écoute, à discuter de parents impliqués dans la vie scolaire de leurs jeunes, d’une directrice d’école qui doit à chaque année retourner au ministère pour redemander du financement, d’enfants qui peuvent évoluer à leur rythme, s’épanouir comme des fleurs (de l’avis de la dame) et LA seule question qui préoccupe ces messieurs est celle des examens!? N’y avait-il pas d’autres enjeux sociaux beaucoup plus intéressants à discuter? Des opportunités à prendre? Je vous entends déjà me répondre…je sais, je sais, j’y connais rien en show-business!

Mais quand, dites-moi, quand inviteront-ils des parents pratiquant l’éducation à domicile, s’ils veulent vivre un vrai buzz de non-conformité?

***ATTENTION ATTENTION***Je ne voudrais pas avoir l’air de sous-entendre, dans les propos ci-haut, que tous les parents “homeschoolers” sont anti-examens. Ce n’est pas le cas. Certains parents-éducateurs veulent et tiennent à ce que leurs enfants passent des examens tandis que d’autres y sont farouchement opposés. Il y a des points de vue très divergents sur le sujet. Mon avis personnel? L’évaluation ne détermine pas le niveau de compréhension, seulement la capacité de rétention. Et je ne voudrais pas non plus avoir l’air de prétendre que la non-scolarisation constitue la seule manière d’être non conforme.***FIN DE LA PARENTHÈSE***

En guise de conclusion, je dirais ceci:  je constate que la route risque d’être longue avant que nous nous permettions, comme société, de nous “reconnecter avec notre essence” afin d’aimer pleinement nos enfants et de leur faire la place qui leur revient…aux heures de grandes écoutes.

 

 

 

Jan 132012
 
 January 13, 2012  Posted by  Enfance et Éducation 12 Responses »

Aujourd’hui, mon beau Xavier a fêté sa neuvième année. Un beau neuf ans vigoureux, pimpant, dégageant une joie de vivre illimitée et une soif intense d’apprendre. Depuis quelques mois, beaucoup de choses se sont développées chez lui, à la vitesse grand V:

 

-Son côté musical. Il aime maintenant son violon et le proclame haut et fort. Les pratiques se font avec plus d’aisance et dans la bonne humeur (et au moins cinq jours sur sept ;-);

-Son côté créatif. Xavier a constamment un crayon mine à la main. Il illustre les histoires de Camille (lui et sa soeur ont créé les Éditions Le Monde), est bédéiste, un vrai passionné. En plus il est vraiment doué. Pour sûr il aimera Monsieur Cartoon qui lui donnera des cours de dessin dans quelques semaines. Pour l’heure, il apprécie beaucoup celle qui lui enseigne les techniques de peinture acrylique;

-Les apprentissages dits “scolaires”. Que ce soit en lecture,en mathématiques ou pour faire de la grammaire, il ne semble pas avoir de fin dans sa capacité d’apprendre. Il est rapide, comprend aisément le travail à faire, bref, il m’impressionne;

-Son regard critique. Fiston a des idées bien arrêtées et des principes très clairs sur comment les choses doivent et devraient se faire…seulement il me manque parfois le mode d’emploi! Le regard lucide qu’il porte sur les choses et les événements ne manquent pas de me surprendre. Il passe rarement à côté de certaines subtilités “réservées” habituellement aux adultes;

-Sa chevelure. Et oui il a les cheveux longs, une tignasse épaisse qui ne donne qu’une idée à son père: celle d’y passer le “clipper”! Moi ça me fait sourire, ça lui donne un petit air coquin.

Je suis heureuse d’être un témoin privilégié de tous ces changements…

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Et maintenant la fille…

Ma première raison d’écrire ce texte, c’est ma fille. J’ai mis la table en parlant de l’anniversaire de Xavier, mais je ne peux passer sous silence les traits admirables qui la caractérisent. Ce matin, sa gentillesse et sa générosité m’ont particulièrement touchée. 

Nous sommes six à la maison. À chaque anniversaire d’un membre de la famille, Camille se fait un point d’honneur de préparer une belle tablée. Elle met une nappe, un centre de table, prépare le petit déjeuner, s’habille plus chic qu’à l’accoutumée, etc. Elle prend même la peine de préparer un cadeau pour le ou la fêté: une belle carte agrémentée d’un coquillage ou d’une belle pierre; un bijou, un objet précieux. Elle pense vraiment à tout. Je lui avais demandé de me réveiller ce matin afin de pouvoir l’aider dans ses préparatifs, mais quand elle est venue me chercher, tout était prêt. Son jeune frère était confiné dans une pièce avec interdiction d’en sortir (ce à quoi la cadette de 3 ans veillait!!) afin de préserver la surprise. Xavier eut accès à la cuisine seulement lorsque tous furent douchés et assis, prêts à lui chanter la bonne fête.

Camille et moi avons nos côtés intenses qui font en sorte que personne ne souhaite être pris entre nous deux lors d’une prise de bec! Mais au-delà de ces aspects plus sombres, j’observe en Camille la soif intense de partir à la découverte, de se questionner sur ce que sera sa vie, sa spiritualité (oui oui!), la société, ses prochains romans…C’est une autodidacte qui ne veut surtout pas se faire dicter ni ses apprentissages ni ses gestes. C’est une affectueuse dont la “bouche est directement liée au coeur” (comme disent souvent mon beau-frère et ma belle-soeur). Elle n’hésitera pas à offrir spontanément câlin, réconfort et attentions spéciales aux gens autour d’elle.. Camille est une pierre précieuse à l’état brut, la rose qu’il faut apprivoiser. On ne la polira pas de force, pas plus qu’on ne lui arrachera les épines. À vrai dire, je ne suis pas inquiète pour sa vie future.

Je décrirais Camille en trois mots: intensité, profondeur, générosité.

Quelle chance j’ai d’évoluer avec des êtres aussi extraordinaires! Et je n’ai pas parlé des deux autres encore…

Jan 012012
 
 January 1, 2012  Posted by  Enfance et Éducation Comments Off on Bolivie baroque

Chers lecteurs,

En ce premier jour de 2012, je désire vous souhaiter une année magique, remplie de découvertes et de moments enrichissants.

Je débute l’année en vous proposant le visionnement d’une tranche de l’émission Grands reportages à la télé de Radio-Canada. Il s’agit d’enfants, des indiens Chiquitos, apprenant la musique baroque dans l’Amazonie bolivienne. Cela vient d’un héritage colonial laissé par le passage des Jésuites il y a 300 ans environ.

Je me suis laissée émouvoir par ce bref reportage car je crois aux bienfaits de l’apprentissage d’un instrument de musique pour le développement de l’enfant. Même si à mes yeux la conversion au catholicisme ne me paraisse pas être des plus glorieuse, j’aime voir et entendre la musique…qu’elle soit jouée en banlieue de Montréal ou aux frontières de l’Amazonie!

Le hic c’est qu’il faudra faire vite pour le voir car la vidéo sera retirée de tou.tv le 5 janvier.

Bon visionnement!