Apr 262012
 
 April 26, 2012  Posted by  Non classé Comments Off on Déclaration du 25 avril 2012 pour la défense de la société
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Dans le contexte actuel, je ne voulais pas nécessairement parler de la grève étudiante. Par contre, je viens de recevoir cette lettre par courriel, écrite et signée par des professeurs et des chercheurs, avec encouragement de diffusion. Cette déclaration rejoint l’essentiel de ma pensée et exprime des craintes, qui je crois sont fondées, concernant le système actuel qui nous gouverne et nous asservit. Cependant, il n’est plus temps de nous poser en victime. Prendre conscience de ce qui se passe globalement est un premier pas à franchir. Plus nous nous responsabiliserons, plus nous saurons quels gestes poser…pour notre bien-être et celui de la collectivité. Oui je crois qu’ “un autre monde est possible”. L’utopie d’aujourd’hui peut devenir la réalité de demain. C’est ce que je souhaite et c’est pour tendre vers ce but que je suis toujours en vie. Diffusez à votre tour.
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Déclaration du 25 avril 2012 pour la défense de la société
Le Québec vit actuellement une des crises les plus profondes de son histoire depuis la crise d’Octobre. Le gouvernement dit que les dés sont joués, que la fatalité du destin aurait mené la société québécoise et ses universités à intégrer le capitalisme globalisé. D’autres prônent le dialogue et le consensus. Mais le dialogue est impossible. Le gouvernement autoritaire n’écoute pas : il oppose les injonctions, les matraques et l’humiliation. Il demande aux étudiant-e-s de s’excuser chaque fois qu’une poubelle est renversée. Ou qu’une banque est bloquée durant l’heure du diner. Nous sommes dans l’impasse.
Aucune de ces deux positions n’est en mesure d’évaluer la gravité de la crise qui se joue dans les sociétés occidentales, et dont la grève étudiante n’est qu’un symptôme. Il s’agit d’une crise civilisationnelle qui dépasse la crise de 1929 : il s’agit d’une crise du capitalisme dans sa forme de reproduction qui l’oppose de façon irréductible au travail, à la nature et aux acquis sociaux de l’humanité. Le capital, pour se valoriser, n’a d’autre choix que de s’attaquer au patrimoine commun de l’humanité, et d’obliger chacun à payer le prix de son inclusion dans le système. Et en porte-parole du capitalisme globalisé, l’élite économique défend bec et ongles le prix d’entrée dans ses domaines.
Cette élite a changé. Elle n’est plus de ce monde. Elle a coupé tout rapport avec le peuple, s’est retournée contre le peuple. Il s’agit d’une élite transnationale et déterritorialisée qui n’a qu’un but : profiter de la transformation des profits en rente. Pour ensuite se tirer. Le Plan Nord en est l’exemple achevé. Le détournement de la mission des universités suit derrière. En conséquence, nous assistons à la dépossession de la capacité des individus et des peuples d’agir sur leur propre destin. Désormais, pour faire partie de cette « dissociété », il faut payer un droit d’entrée pour pouvoir espérer bénéficier d’un revenu et d’un pouvoir d’achat. Mais il faut dissiper ce mirage du succès qui viendra après la lutte concurrentielle.
Partout, nous voyons la crise, en Europe comme ailleurs. Partout s’étale devant nos yeux le même spectacle d’élites accrochées à leurs mêmes privilèges, se déchaîner contre les peuples. Ne laissant ainsi aux uns que le choix de se contenter des conditions de survie de plus en plus austères et horribles, et aux autres la course concurrentielle pour faire partie des « amis de Davos » et participer aux sérails de l’élite globalisée. Pour eux, il faudra payer le prix fort, et accepter de nombreux sacrifices. Tel est l’avenir que l’on présente à cette jeunesse qui doit non seulement travailler d’arrache-pied pour atteindre un niveau d’éducation en accord avec les niveaux de la concurrence mais aussi valoriser leur diplômes, dont la « valeur » dépend du prix que l’on a bien voulu accorder sur le marché.
La jeunesse du Québec l’a bien compris et elle n’est pas dupe. Elle se bat pour défendre la société et la justice contre la barbarie et les élites qui l’ont déjà trahi. Nous sommes en présence d’un conflit proprement politique qui oppose les élites déjà globalisées et déracinées à ceux et celles qui savent que notre seul avenir est la justice et le commun. Nous lançons un appel au peuple : la seule position possible est de s’opposer résolument à ce gouvernement qui cherche à diviser le peuple. L’existence de la société, la nôtre, est non-négociable. Les élites nous ont déclaré la guerre avec une puissance économique, policière, judiciaire, médiatique qui doit trouver une réponse politique. Contre leur violence, nous appelons à la résistance. Nous appelons à l’unité des forces en lutte, par-delà les différences, pour la défense du monde commun, dans un monde dont nous avons hérité, et que nous désirons transmettre. Et pour la défense de ce qui nous constitue comme être humain, c’est-a-dire notre capacité de mettre en commun notre puissance de vivre : notre liberté.
Benoît Coutu, chargé de cours, sociologie, UQAM.
Eric Martin, professeur, philosophie, Edouard-Montpetit.
Maxime Ouellet, professeur associé, école des médias, UQAM.
François L’Italien, chercheur post-doctoral, Université Laval.
Jean-Michel Marcoux, chercheur indépendant.
Jacques Mascotto, professeur associé, sociologie, UQAM.
Apr 252012
 

Dans mon dernier “post”, j’affirmais avoir fait le point et m’être retrouvée. Depuis, silence virtuel complet…

Ce texte est pour vous chers lecteurs et il est aussi spécialement dédié à une amie chère, voyageuse au long cours, qui s’ennuyait, semble-t-il, de mes tribulations. This one’s for you as promessed 😉

Revenons à nos moutons.

Momentanément, cette double affirmation évoquée ci-haut était on ne peut plus sincère. Le hic, c’est qu’en faisant le point et en me retrouvant, j’ai soulevé des nuages de poussière. Et qu’y ai-je trouvé après quelques éternuements? Une femme vivante, passionnée, prête à explorer son univers intérieur et celui gravitant autour d’elle (le tout amplifié par l’arrivée du printemps!). Qu’ai-je laissé derrière? La peur. Oh yeah! Serais-je maintenant sans peur? Non. Loin de là.  Mais ce n’est pas le but de toute façon.

Je ne me suis pas transformée du tout au tout. Loin s’en faut. Par contre, j’ai choisi de lâcher prise sur certaines situations et je sens maintenant que je suis plus dans l’acceptation que dans le combat.

Un exemple? L’éducation de mes enfants.

Il est clair depuis longtemps pour moi qu’apprendre, c’est naturel. Ça se fait toujours et en tout temps. Les nombreuses dérives du système actuel, dont l’instauration du système scolaire tel que nous le connaissons,  sont loin de détenir le monopole de la connaissance et de l’ouverture sur le monde.

Pourtant, pour plein de raisons, je persistais à vouloir imposer, à moi-même et à mes enfants, un espèce de mini système scolaire dans ma cuisine. Bon je n’étais pas réglée quart de tour, mais je me disais qu’il “fallait” m’asseoir avec eux à la table pour faire du français, faire des maths alors que c’était pour moi une corvée. Pour eux, se plier à mes exigences était la condition pour continuer l’école à la maison. Pendant que nous nous forcions à faire nos devoirs, nous n’étions pas bien. En tout cas, moi je ne l’étais pas.

Je me sentais en conflit avec moi-même et cette situation a généré beaucoup de douleurs, de déchirements et de conflits. Pourquoi toujours vouloir s’imposer, s’en mettre lourd sur les épaules à coup de “il faut que” et de “je dois”. Pourquoi ne pourrais-je pas “choisir de” et voir ce qui se passe? Choisir ne me soustrait pas de mes responsabilités (parentales, professionnelles ou autres), mais me permet de faire les choses en conscience en ne subissant pas ma vie. Choisir me permet d’être moi-même, de me faire confiance et par conséquent, de ne plus me sentir menacée par l’autre. Essayez-le. Choisissez. C’est fou ce qu’un petit changement de terminologie peut faire.

Concrètement avec mes enfants? J’ai choisi de leur faire confiance et de me faire confiance. Ils sont enjoués, curieux, impliqués et ils veulent apprendre; cet état naturel n’a pas été altéré par une éducation scolaire formelle. Alors ils n’apprendront pas dans l’ordre définit par les fonctionnaires du ministère de l’éducation et encore moins à des heures pré-désignées, mais ils apprennent et ils apprendront toute leur vie. Et comprenons-nous bien ici, je ne fais pas allusion qu’aux aspects académiques. Si je voulais m’amuser et faire un clin d’oeil jaune à l’actualité, je dirais que vivre notre vie en suivant notre voie serait faire notre “juste part” pour le bien commun de la société. Peut-on s’imaginer un instant une façon autre de concevoir et de vivre la vie?

Mon fils aîné m’a fait sourire la semaine dernière en me disant, par un beau matin ensoleillé: Maman, aujourd’hui je veux faire du unschooling.

Je ne me demande pas où il a pêché cela…il a des amis unschoolers avec qui il jase et j’ai amplement discuté de ces questions avec eux à la maison. Le  dialogue et la communication authentique sont de plus en plus au coeur de ma relation avec mes enfants (par opposition à imposer mon autorité parentale).

Je sens un vent de changement très positif balayer ma vie cette année. Ce n’est pas de tout repos, les up sont très uplifting , et les down, ben…ils sont très down!!!

Je suis toujours la même, à la nuance près que maintenant, je choisis. Oh pas toujours et en tout lieu, mais maintenant j’en ai pris conscience et cela aura un impact majeur pour une suite …que je ne connais pas encore! 😉

Apr 092012
 

Après deux journée et deux soirées de découvertes dans la belle ville de Québec, je m’apprête à plier bagage pour retourner vers les miens.

Des journées bien remplies, actives, à consulter les cartes et jouer à la touriste. Les rencontres hypothétiquement évoquées dans un précédent message ont eu lieu. J’ai rencontré la Stabat Mater de Scarlatti et ses interprètes au Palais Montcalm; j’ai apprécié les oeuvres d’art de Carole Roy Le temps d’un moment au café Castelo, entre deux expressos; je me suis adonnée à l’observation de la faune très vivante sur le parc des champs de bataille tout en savourant un succulent sandwich de chez La Picardie (en passant, à Québec, les écureuils sont noirs!); j’ai visité et apprécié ma visite au Musée National des Beaux-Arts.

J’ai marché, marché, marché, marché looooongtemps sur le chemin Ste-Foy pour aboutir au Clap et visionner le très ordinaire mais très intense Hunger Games. À vrai dire, j’ai compté de zéro à 2360 les adresses! J’ai monté monté monté monté des escaliers et descendu une cote veeeertigineuse pour aboutir rue St-Joseph dans le quartier St-Roch et déguster un chaï bien mérité au Camellia Sinensis.

Sans parler de ma journée d’aujourd’hui,qui a débuté après mes deux expressos et une succulente chocolatine, dans une très sympathique boulangerie de la rue St-Jean. Et oui, encore de la marche, sous la pluie cette fois-ci, pour découvrir les Samouraïs du Japon féodal et la cérémonie du thé au Musée des civilisations.

Dire que j’ai failli me décourager et rebrousser chemin vers l’auberge quand, après ma visite du musée, j’ai constaté qu’il tombait des cordes. Faisant fi de la pluie, j’ai pris parti de m’élancer vers la rue St-Vallier E., au café Babylone, où j’ai pu m’émerveiller à l’écoute de la chorale polyphonique de l’atelier d’harmonies de village de Québec.  Je n’ai pas regretté ma décision. Le charme de la rencontre s’est opéré au fil des pièces, de traditions orales corses, bulgares, géorgiennes, africaines et américaines, interprétées par un choeur dynamique et talentueux. Cet art, que je ne connaissais pas, a su piquer ma curiosité et m’a donné le goût d’en apprendre plus.

Et que dire du bon repas que je me suis commandée après le concert. Si je devais suggérer un endroit sympathique où bien manger, de l’entrée jusqu’au dessert, ce serait au Café Babylone. L’environnement extérieur, plutôt bétonné et désertique, contraste avec l’ambiance chaleureuse dans laquelle on est accueilli…et la très bonne bouffe servie (le café est situé sous l’autoroute 440)!

J’ai foulé de mes petits pieds la haute  et la basse-ville, bifurquant allègrement de l’une à l’autre, effectuant parfois des détours au gré de mes envies (et de mon planning! ;-). J’ai pu apprécier et admirer l’architecture et ressentir la richesse de son histoire (il y a dans l’air ce petit je-ne-sais-quoi).

J’ai eu confirmation que louer une chambre/dortoir à l’auberge de jeunesse fut la meilleure initiative que j’aie prise. À part le faible coût de la chambre, j’ai eu le bonheur d’y rencontrer ma roommate, Jess, une jeune étudiante sud-coréenne étudiant la politique à l’Université d’Ottawa. Discussions passionnantes que nous avons eu. En prime, elle m’a même fait un petit mot d’adieu, illustrations à l’appui. Je fus réellement touchée!

Le sommeil me rattrape, il se fait tard. Prendre ces quatre journées fut une bonne idée.

Elles m’auront permis de me retrouver et de faire le point…mais ceci est une autre histoire…!

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p.s.: Au moment de terminer ce texte, je suis dans le bus et en levant les yeux, j’ai pu apercevoir, flottant au-dessus du fleuve, ce ciel gris pâle, magnifiquement orné de gros nuages blancs floconneux. Je reviens l’esprit paisible, la tête dans les nuages. 😉

 

Apr 062012
 
 April 6, 2012  Posted by  Non classé, Voyages et escapades Comments Off on Escapade pascale

Ça y est, c’est un départ!

Oui oui,mon premier départ, seule…depuis le début de ma vie de mère il y aura bientôt quatorze années. Bien sûr il y a eu ces deux journées de silence dans un magnifique ermitage, juste avant la conception de ma quatrième, mais c’était une retraite fermée, un séjour de recueillement.

Cette fois-ci, je pars explorer une belle ville, en solitaire. À pied j’y découvrirai ses musées, ses concerts, son salon de thé, une partie de sa vie culturelle, son vieux-port et quoi encore!

Peut-être y ferai-je de nouvelles rencontres. Après tout, l’Auberge où je giterai y sera peut-être propice.

J’aurais aimé partager ce périple avec mari ou amie mais en décidant de partir seule, je choisis d’aller à ma rencontre, à celle de la femme qui a soif de découverte (et d’espace!). La voix intérieure de la Mère se fait entendre pour me souffler que cela aurait aussi bien pu s’accomplir en compagnie de la famille.

Oui…mais cette fois, je réponds à un impératif plus profond: le retour à l’équilibre, mon équilibre intérieur.

J’ai toujours eu en moi un côté bohème “solitaire” que j’ai plus ou moins écouté (et souvent refoulé) avec les années. C’est un peu comme si j’avais conclu qu’être ainsi était en opposition avec ma vie de famille. Comme s’il me fallait me “grounder” dans une petite vie bien rangée. Ce qui fait, entre autre, que j’ai abouti dans une banlieue où je ne m’y retrouve pas. Tout ce que je tente présentement, c’est de m’y accommoder avec les avantages et les inconvénients que cela comporte. Et surtout, ne cherchez pas à comprendre le lien bohème vs banlieue et inconfort, les réponses se trouvent dans les méandres de mon vécu et il serait fastidieux de tout le résumer ici!! ;-p

En attendant, je dois la nourrir ma bohème car elle fait partie de moi, elle est moi. Voilà!

p.s.: Je tenterai l’expérience du billet court pour ces quatre journées exploratoires. Je manquerai cruellement de photos, ayant laissé le photographe à la maison avec les enfants! Quant à mon cellulaire, il ne saurait rendre justice à un bout de p’tit doigt alors aussi bien m’en passer!