Feb 132012
 
 February 13, 2012  Posted by  Actualités, Enfance et Éducation

C’est le titre du premier livre de Jacynthe René, une comédienne québécoise. Je ne la connais pas particulièrement, je savais qu’elle avait fondé une école alternative, Les Cheminots, mais c’est à peu près tout.

Une connaissance m’a fait parvenir le lien d’une entrevue accordée par Mme René pour l’émission Tout le monde en parle (voir partie 5) le 12 février. Cette personne, avec qui j’échange régulièrement des courriels pour l’organisation d’un événement,  me relatait que la comédienne abordait des thématiques rarement discutées dans des émissions “grand public”. Curieuse, je suis allée visionner l’entrevue.

Je dois admettre qu’à quelques reprises, j’ai équarquillé les yeux lorsqu’il a été question de co-dodo (enfin, l’animateur l’a fait), de l’importance de répondre aux besoins de son enfant pour qu’il démarre confiant dans la vie; de ne pas le laisser pleurer, de le prendre, le bercer, le rassurer; de l’impossibilité, d’après elle, qu’un enfant goûte au bonheur avec des parents travaillant 40h/semaine; de l’appel très fort de rester à la maison lors de l’arrivée de son premier enfant, etc. etc.

Je partageais la plupart des points abordés par cette femme (les ayant vécu personnellement), et je l’admirais de les affirmer haut et fort dans ce type d’émission. D’ailleurs plusieurs de ses commentaires lui ont valu des répliques et des remarques d’un goût douteux (à mon avis) de la part du co-animateur. Il faut dire par contre que lorsqu’elle répondait aux questions, elle le faisait en dégoulinant de bonheur (et le mot n’est pas choisi à la légère). Il était clair que cette dame est très près de ses émotions et de son ressenti. Simple observation de ma part.

Agir à contre courant dans notre culture actuelle peut s’avérer énergivore, alors on n’a pas toujours envie de défendre/justifier nos positions ou nos choix. Au pire, on s’isole, mais on fait ce que doit envers et malgré tout. Il y a toute une série de zones grises et de nuances à apporter dans les propos que je viens de tenir, mais ma conclusion est que nous sommes toujours gagnants de vivre selon ce que nous souffle notre intuition. Suivre le courant actuel convient peut-être à plusieurs d’entre nous (au premier abord en tout cas), mais il ne faut pas hésiter à écouter nos besoins et ceux de nos enfants, peu importe les qu’en dira-t-on. Personne ne créera le bonheur à notre place alors pourquoi ne pas suivre sa Voie et sa petite voix pour y accéder? 🙂

Ainsi, sous les regards (et les commentaires), tantôt amusés, tantôt incrédules et même parfois moqueurs(m’a-t-il semblé) des autres invités, cette femme s’est affirmée, clamant haut et fort les valeurs de vie qui l’animaient et la rendaient heureuse. De s’être consacrée entièrement à ses enfants, pendant leurs cinq premières années, la rendait fière.

J’ai lu dans les commentaires, suite à la diffusion de l’émission, qu’il fallait parfois frustrer les enfants, les faire attendre, les faire passer en second et les faire pleurer afin qu’ils puissent se développer. Qui aime bien châtie bien, n’est-ce pas?  Plus loin, la même personne affirme que Jacynthe René:

(…) ne tente pas de préparer ses fils à vivre dans le monde tel qu’il est: elle veut arranger le monde pour qu’il soit parfait pour eux.

Way to go!  Si on veut que le monde change, il faut le penser et le vivre autrement! Je pense que le monde dans lequel nous vivons recèle suffisamment de situations tristes, frustrantes et révoltantes qui leur fournira tout ce dont ils ont besoin pour se développer à leur plein potentiel –dixit le commentaire d’une téléspectatrice-  sans que  nous en rajoutions à la base. De toute évidence, la vue d’une personne heureuse peut causer des dommages collatéraux! Y’a qu’à lire les quelques commentaires.

Le bout qui m’a le plus fait rigoler? C’est lorsque la comédienne a abordé la question de l’école alternative où les enfants peuvent progresser à leur rythme (mais toujours avec le sacro-saint programme du ministère), travailler en groupe multi-âge, avoir des parents très impliqués dans le fonctionnement de l’école, etc. La PREMIÈRE question que les invités scandèrent, presque tous en coeur, fut: passent-ils des examens? Et elle de répondre, un tantinet désinvolte: non, non, ils ont seulement un examen en sixième et on les prépare à le passer en cinquième année. Y’en a un qui a failli s’étouffer dans sa gorgée de vin (j’exagère là!!)!

Vous voyez, nous sommes ici dans une émission très regardée, avec de bonnes cotes d’écoute, à discuter de parents impliqués dans la vie scolaire de leurs jeunes, d’une directrice d’école qui doit à chaque année retourner au ministère pour redemander du financement, d’enfants qui peuvent évoluer à leur rythme, s’épanouir comme des fleurs (de l’avis de la dame) et LA seule question qui préoccupe ces messieurs est celle des examens!? N’y avait-il pas d’autres enjeux sociaux beaucoup plus intéressants à discuter? Des opportunités à prendre? Je vous entends déjà me répondre…je sais, je sais, j’y connais rien en show-business!

Mais quand, dites-moi, quand inviteront-ils des parents pratiquant l’éducation à domicile, s’ils veulent vivre un vrai buzz de non-conformité?

***ATTENTION ATTENTION***Je ne voudrais pas avoir l’air de sous-entendre, dans les propos ci-haut, que tous les parents “homeschoolers” sont anti-examens. Ce n’est pas le cas. Certains parents-éducateurs veulent et tiennent à ce que leurs enfants passent des examens tandis que d’autres y sont farouchement opposés. Il y a des points de vue très divergents sur le sujet. Mon avis personnel? L’évaluation ne détermine pas le niveau de compréhension, seulement la capacité de rétention. Et je ne voudrais pas non plus avoir l’air de prétendre que la non-scolarisation constitue la seule manière d’être non conforme.***FIN DE LA PARENTHÈSE***

En guise de conclusion, je dirais ceci:  je constate que la route risque d’être longue avant que nous nous permettions, comme société, de nous “reconnecter avec notre essence” afin d’aimer pleinement nos enfants et de leur faire la place qui leur revient…aux heures de grandes écoutes.

 

 

 

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