Feb 272012
 
 February 27, 2012  Posted by  Actualités 1 Response »

Chaque femme porte en elle une promesse de réconciliation avec sa féminité. Lorsqu’elle parvient à honorer sa vraie nature, la femme rencontre sa part sacrée et en comprend le sens profond. Elle s’enrichit au contact de sa force douce et s’embellit. Cette beauté sereine contribue à l’équilibre du monde.

Monique Grande, Quelques jours de la vie d’une femme

Le 11 février dernier s’est tenu, au café L’Artère dans Parc Extension, l’événement Les Vulves Radicales. Organisée par Rebelles Montreal, un collectif de jeunes féministes, cette soirée se voulait une plate-forme d’art multidisciplinaire et un lieu de discussion sur le genre, l’identité et le féminisme.

Pour la petite histoire, le projet Les Vulves Radicales a été créé par le Centre des Femmes de l’Université Dalhousie, à Halifax, au printemps 2007. En réponse aux Monologues du Vagin, pièce de théâtre écrite par l’américaine Eve Ensler, on a mis l’événement sur pied, afin de perpétuer un dialogue qui s’était amorcé avec le succès de la pièce. Par le biais de l’art sous plusieurs formes, on a voulu approfondir la discussion sur les expériences des femmes et alimenter le discours sur l’identité de genre. Depuis ses débuts, Les Vulves Radicales a été organisé et présenté par divers groupes à Victoria, Ottawa et Montréal. Sa “réincarnation” hivernale à Montréal suscitait, entre autre, le désir de créer un espace de célébration des femmes.

C’est donc sur invitation de mon amie, que je surnommerai affectueusement MâRad, que je me suis rendue dans ce sympathique café de Parc Extension pour y passer une soirée intimiste avec plus de 150 personnes.

Pour nous mettre en appétit avant le spectacle, nous pouvions admirer les oeuvres de deux artistes peintres, Kelsey Shwetz, de Winnipeg et Monica Van Schaik. Marike Reid-Gaudet, présente pour parler de son projet d’école libre à Montréal, a également contribué en exposant ses photos d’ “Arbres à vulve”.

Comme je l’ai mentionné, il s’agissait d’un événement multidisciplinaire, et la soirée a débuté en force avec la présentation de la série Les vicissitudes de la féminitude de l’artiste peintre Diane Bertrand. Accompagnés des Canons de Pachelbel, nous avons voyagé à travers les représentations de la femme, dans les multiples époques parsemant sa féminitude. Tour à tour sur grand écran ont défilé les toiles Plénitude, Platitude, Similitude, Désuétude, Solitude, Inquiétude… Une première présentation qui donna le ton au déroulement de la soirée et qui fut gage de la qualité des prestations.

Plénitude

Plénitude. Genèse de la série Les vicissitudes de la féminitude. Affichée sur ce blogue avec l'aimable autorisation de Diane Bertrand, artiste peintre.

Suite à cette inspirante projection, nous avons eu droit à des numéros non moins inspirants de poésie (principalement en anglais), de clown, de slam, de chants de gorge, à une autre projection d’oeuvres d’art, à du théâtre d’ombre et même à la projection de la nouvelle vidéo d’une jeune chanteuse, Saya. Le public, nombreux, attentif et réceptif, eut droit à des performances variées et originales dans leur forme artistique.

L’intensité et le vécu derrière Âme de femme, de l’artiste Margotella, en ont touché plus d’une. Il est toujours fascinant de connaître l’histoire derrière une oeuvre, question de l’apprécier et d’en avoir une meilleure compréhension. Pour notre plus grand bonheur, Margotella était d’une immense générosité et nous avons pu apprécier autant ses oeuvres que son parcours intense et fascinant.

Plusieurs poétesses ont fait nos délices dont Milena avec son texte Mad Pride. Je n’ai malheureusement pu apprécier à leur juste valeur toutes les oeuvres lues, ma compréhension de la poésie dans la langue de Shakespeare étant parfois limitée.

Roxanne Couture a choisi une démarche très intéressante en réalisant un récit entrecroisé avec les écrits de Jovette Marchessault. En voici d’ailleurs un extrait (avec la permission de Roxanne):

Mais un jour, et ce jour fut le plus beau de ma vie. J’ai remarqué que là-bas, loin, loin, là-bas, il y a des femmes qui marchent en sens contraire de nous. (Jovette Marchessault,Triptyque lesbien)

-Je marche en sens contraire, à contre-courant. Tu ne t’y attends pas, car tu t’approches de moi toi aussi. (Roxanne Couture)

J’ai voulu les rejoindre immédiatement, les interroger de plein souffle en me pressant contre elles. (J. M.,Triptyque lesbien)

-Et j’avance, et je veux me presser contre toi… Quelle bouche, quels yeux lumineux, quelle chevelure! Et ton corps inconnu et ta voix touchante…Que je voudrais bien aujourd’hui. (Roxanne Couture).

Les femmes du troupeau des ténèbres tentaient (…) de m’empêcher de passer, disant que je dérangeais l’ordre! J’ai tenu bon, le cou tendu…(J. M.,Tryptique lesbien)

-Je suis étonnée de ton courage, de ta force passionnée, de ta joie de vivre. Toi, femme qui a vécu partout et quelquefois nulle part, tu sais me reconnaître, me sourire, me tendre la main et peut-être même m’embrasser au plus fort de tes désirs. (Roxanne Couture).

J’y étais, j’étais rendue à la limite du trottoir, du monde de mon enfance, de mon adolescence. (J. M.,Triptyque lesbien)

-Et dès maintenant, je te rendrai ta beauté que tu avais dissimulée. Je percerai ton mystère; je toucherai à ta grande douleur de femme incomprise depuis tant d’années. Je bercerai tes rêves et comprendrai qu’ils devront un jour surgir du plus profond de ton âme, et ce, jusqu’à ce que tu en sois délivrée. (Roxanne Couture)

Mentionnons que cette soirée a connu un heureux dénouement au son de la musique du groupe Son un poco politicas.

Bilan

Au cours de cette soirée, nous avons rit, nous avons été émues et soulevées par toutes ces femmes montées sur scène. Parfois venues de loin, étant venues témoigner de leurs joies, de leurs peines, de leur rage et de leur courage, elles se seront exprimées tantôt avec humour, tantôt avec sarcasme mais jamais avec mesquinerie.  Au-delà d’une soirée réussie et bien organisée, je dirais que cet événement a su ramener à l’ordre du jour, dans la grisaille de février, la multitude dans la féminitude.

 

***

Voici une petite mise à jour pour ceux qui aimeraient visionner des extraits de cette soirée du 11 février http://www.dailymotion.com/video/k1yVlHpm2OC1si2QiED

Feb 132012
 
 February 13, 2012  Posted by  Actualités, Enfance et Éducation Comments Off on “Respirer le bonheur”

C’est le titre du premier livre de Jacynthe René, une comédienne québécoise. Je ne la connais pas particulièrement, je savais qu’elle avait fondé une école alternative, Les Cheminots, mais c’est à peu près tout.

Une connaissance m’a fait parvenir le lien d’une entrevue accordée par Mme René pour l’émission Tout le monde en parle (voir partie 5) le 12 février. Cette personne, avec qui j’échange régulièrement des courriels pour l’organisation d’un événement,  me relatait que la comédienne abordait des thématiques rarement discutées dans des émissions “grand public”. Curieuse, je suis allée visionner l’entrevue.

Je dois admettre qu’à quelques reprises, j’ai équarquillé les yeux lorsqu’il a été question de co-dodo (enfin, l’animateur l’a fait), de l’importance de répondre aux besoins de son enfant pour qu’il démarre confiant dans la vie; de ne pas le laisser pleurer, de le prendre, le bercer, le rassurer; de l’impossibilité, d’après elle, qu’un enfant goûte au bonheur avec des parents travaillant 40h/semaine; de l’appel très fort de rester à la maison lors de l’arrivée de son premier enfant, etc. etc.

Je partageais la plupart des points abordés par cette femme (les ayant vécu personnellement), et je l’admirais de les affirmer haut et fort dans ce type d’émission. D’ailleurs plusieurs de ses commentaires lui ont valu des répliques et des remarques d’un goût douteux (à mon avis) de la part du co-animateur. Il faut dire par contre que lorsqu’elle répondait aux questions, elle le faisait en dégoulinant de bonheur (et le mot n’est pas choisi à la légère). Il était clair que cette dame est très près de ses émotions et de son ressenti. Simple observation de ma part.

Agir à contre courant dans notre culture actuelle peut s’avérer énergivore, alors on n’a pas toujours envie de défendre/justifier nos positions ou nos choix. Au pire, on s’isole, mais on fait ce que doit envers et malgré tout. Il y a toute une série de zones grises et de nuances à apporter dans les propos que je viens de tenir, mais ma conclusion est que nous sommes toujours gagnants de vivre selon ce que nous souffle notre intuition. Suivre le courant actuel convient peut-être à plusieurs d’entre nous (au premier abord en tout cas), mais il ne faut pas hésiter à écouter nos besoins et ceux de nos enfants, peu importe les qu’en dira-t-on. Personne ne créera le bonheur à notre place alors pourquoi ne pas suivre sa Voie et sa petite voix pour y accéder? 🙂

Ainsi, sous les regards (et les commentaires), tantôt amusés, tantôt incrédules et même parfois moqueurs(m’a-t-il semblé) des autres invités, cette femme s’est affirmée, clamant haut et fort les valeurs de vie qui l’animaient et la rendaient heureuse. De s’être consacrée entièrement à ses enfants, pendant leurs cinq premières années, la rendait fière.

J’ai lu dans les commentaires, suite à la diffusion de l’émission, qu’il fallait parfois frustrer les enfants, les faire attendre, les faire passer en second et les faire pleurer afin qu’ils puissent se développer. Qui aime bien châtie bien, n’est-ce pas?  Plus loin, la même personne affirme que Jacynthe René:

(…) ne tente pas de préparer ses fils à vivre dans le monde tel qu’il est: elle veut arranger le monde pour qu’il soit parfait pour eux.

Way to go!  Si on veut que le monde change, il faut le penser et le vivre autrement! Je pense que le monde dans lequel nous vivons recèle suffisamment de situations tristes, frustrantes et révoltantes qui leur fournira tout ce dont ils ont besoin pour se développer à leur plein potentiel –dixit le commentaire d’une téléspectatrice-  sans que  nous en rajoutions à la base. De toute évidence, la vue d’une personne heureuse peut causer des dommages collatéraux! Y’a qu’à lire les quelques commentaires.

Le bout qui m’a le plus fait rigoler? C’est lorsque la comédienne a abordé la question de l’école alternative où les enfants peuvent progresser à leur rythme (mais toujours avec le sacro-saint programme du ministère), travailler en groupe multi-âge, avoir des parents très impliqués dans le fonctionnement de l’école, etc. La PREMIÈRE question que les invités scandèrent, presque tous en coeur, fut: passent-ils des examens? Et elle de répondre, un tantinet désinvolte: non, non, ils ont seulement un examen en sixième et on les prépare à le passer en cinquième année. Y’en a un qui a failli s’étouffer dans sa gorgée de vin (j’exagère là!!)!

Vous voyez, nous sommes ici dans une émission très regardée, avec de bonnes cotes d’écoute, à discuter de parents impliqués dans la vie scolaire de leurs jeunes, d’une directrice d’école qui doit à chaque année retourner au ministère pour redemander du financement, d’enfants qui peuvent évoluer à leur rythme, s’épanouir comme des fleurs (de l’avis de la dame) et LA seule question qui préoccupe ces messieurs est celle des examens!? N’y avait-il pas d’autres enjeux sociaux beaucoup plus intéressants à discuter? Des opportunités à prendre? Je vous entends déjà me répondre…je sais, je sais, j’y connais rien en show-business!

Mais quand, dites-moi, quand inviteront-ils des parents pratiquant l’éducation à domicile, s’ils veulent vivre un vrai buzz de non-conformité?

***ATTENTION ATTENTION***Je ne voudrais pas avoir l’air de sous-entendre, dans les propos ci-haut, que tous les parents “homeschoolers” sont anti-examens. Ce n’est pas le cas. Certains parents-éducateurs veulent et tiennent à ce que leurs enfants passent des examens tandis que d’autres y sont farouchement opposés. Il y a des points de vue très divergents sur le sujet. Mon avis personnel? L’évaluation ne détermine pas le niveau de compréhension, seulement la capacité de rétention. Et je ne voudrais pas non plus avoir l’air de prétendre que la non-scolarisation constitue la seule manière d’être non conforme.***FIN DE LA PARENTHÈSE***

En guise de conclusion, je dirais ceci:  je constate que la route risque d’être longue avant que nous nous permettions, comme société, de nous “reconnecter avec notre essence” afin d’aimer pleinement nos enfants et de leur faire la place qui leur revient…aux heures de grandes écoutes.

 

 

 

Feb 022012
 
 February 2, 2012  Posted by  Non classé 2 Responses »

SINGER, Christiane. Où cours-tu? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi? 

Quelques passages des premiers chapitres m’ayant particulièrement marquée.

Nombreux sont ceux parmi nous qui cherchent un sens à la vie.

Il est difficile au milieu du brouhaha de notre “civilisation” qui a le vide et le silence en horreur d’entendre la petite phrase qui, à elle seule, peut faire basculer une vie: “Où cours-tu?”

Slogans, rythmes, musiques de fond, logorrhée sournoise d’une radio toujours branchée, cris, appels nous incitant à courir plus vite, à laisser derrière nous les tombereaux de déchets, d’immondices que nous produisons sans répit. Sans projet de civilisation, sans vision, nous ne faisons qu’amplifier la sono et foncer.

Et un peu plus loin:

Le paysage est si vaste à l’intérieur d’un seul homme que toutes les contradictions y veulent vivre et y ont place.

C’est notre participation muette à tout ce qui a lieu sur terre, notre coresponsabilité qu’il s’agit de reconnaître. Seul celui qui a osé voir que l’enfer est en lui y découvrira le ciel enfoui.

J’ai beaucoup fait pour ce monde quand je suspends ma course pour dire merci.

Les sens qui révèlent le sens, ou la source de sa perte. La mémoire des sens (odorat, ouïe, toucher, vue) donnent le sens de ce qui est.

Tout sur terre nous interpelle, nous hèle, mais si finement que nous passons mille fois sans rien voir. Nous marchons sur des joyaux sans les remarquer.

Être là. Le secret. Il n’y a rien d’autre. Il n’est pas d’autre chemin pour sortir des léthargies nauséabondes, des demi-sommeils, des commentaires sans fin, que de naître enfin à ce qui est.

À suivre…