Oct 052011
 

J’ai un gros problème…un problème sérieux, je suis envahie par les mouches à fruit! Vous savez ces charmantes bestioles qui « naissent spontanément » de toute banane ou de toute matière organique en décomposition?

J’ouvre une armoire, POP!! en v’là une. J’ouvre l’autre porte d’armoire POP! POP! POP! En voilà une colonie qui s’envole. Je suis désespérée, j’ai nettoyé, mis au compost mes retailles de fruits/légumes, expédié mes caisses de bières dehors, j’ai essayé de multiples pièges…Bref, ça fonctionne deux jours et elles se re-multiplient! Pire encore, je les chasse d’un endroit et elles se trouvent un autre coin pour « squatter ». Et plus le temps passe et que la température se refroidit, moins elles sont difficiles et elles se contentent de peu…tant qu’elles peuvent survivre.

En découvrant une autre colonie ce matin dans le sac à café (!!??)et dans l’armoire où je range mon thé, je n’ai pu m’empêcher de faire un parallèle avec ma situation de vie actuelle : éparpillée dans tous les sens et multiplication spontanée de pensées « parasites » qui gitent où elles peuvent (et j’ai nommé dans tous les “racoins” de mon cerveau!).

Il y a plusieurs années, j’ai choisi un mode de vie, un mode de vie différent du « chemin » qui nous est habituellement tracé lorsqu’on termine l’école, l’université, lorsque l’on « commence sa vie ». J’ai parcouru tout un chemin, « déboisé » les sentiers autour de moi pour me frayer un passage, je me suis obstinée avec quelques troncs d’arbre récalcitrants, mais je n’ai jamais connu d’embûches majeures, toujours j’ai trouvé une paire de bras pour m’aider à soulever ce tronc afin que je continue le débroussaillage du sentier. Parfois mon chemin ressemblait à un ramassis de traîneries, parfois tout était impeccable, tout dépendant de mon niveau de motivation à abattre du « bouleau »!

Puis, j’ai commencé à ressentir un essoufflement, la hache levait moins haut, je trainais de la patte, mais je continuais à avancer, mais plus lentement. Parfois je me révoltais carrément face à l’ampleur de la tâche, mais je balayais tout ça sous le tapis de broussailles et « tout allait ». Sans m’en rendre compte, j’ai bifurqué. J’ai voulu essayer tel instrument plutôt que tel autre, j’ai accepté d’en utiliser parfois qui ne coupait qu’à moitié, j’ai refusé de trancher ou j’ai pensé l’avoir fait…et je me suis perdue.

Lentement, mais sûrement, la stagnation a commencé….j’ai croisé un marécage et j’ai senti mes efforts se faire, de plus en plus lourdement. J’ai voulu continuer à jouer les aveugles et à ignorer que ce n’était plus du bois que j’avais à couper, mais  des quenouilles…et qu’en plus je commençais à m’enfoncer. Incroyable, mais j’ai continué à « nier » jusqu’à ce que je me retrouve ensevelie jusqu’à la gorge. Fini le balayage, je vais couler. Oh j’ai bien essayé d’en parler avant, et j’avais trouvé plusieurs oreilles attentives, mais de moi à moi, je ne pouvais tout simplement pas admettre que je ne faisais pas que couper des troncs, je les portais sur mes épaules. Pire, je les accumulais tout en faisant fausse route. Pourquoi, je ne saurais dire. Pensais-je (à tort) que ça irait plus vite si je portais moi-même? Maybe, je n’ai pas « investigué » sur la question. Pour l’instant je considère que je souffrais d’aveuglement.

J’avais un rêve, j’avais un projet, mais je réalise aujourd’hui que je n’avais pas de vision. Je suis demeurée dans l’ambiguité, avec des idéaux, des tergiversations, des flottements, des attentes et, inévitablement aujourd’hui, des déceptions et un sentiment d’échec cuisant.

Mes convictions n’ont pas changé, mais mon esprit ressemble actuellement à une louche de mélasse…et vous savez à quel point les petites mouches aiment le sucre. J’ai tellement refoulé que j’en suis à me dire que ce qui me paraissait impossible et impensable à faire il y a 13-10-5 ans, me paraît être une planche de “salut” présentement. Ma vision s’embrouille et ma tête est un nid à petites mouches, ce qui ne fait qu’amplifier ma confusion. Pour faire du leste, j’ai jeté par dessus bord deux projets qui me tenaient à cœur, mis un en suspens et je suis pas loin d’en jeter un troisième, le plus gros morceau. Celui là même auquel je tenais le plus et pour lequel j’étais la partisane la plus convaincue. Comment me suis-je rendue là? Pourquoi ai-je accepté de porter autant de poids sur mes épaules au point où pour retrouver mon équilibre, je doive « abandonner » ce qui hier m’animait?

Cet après-midi, la seule certitude que j’ai, c’est qu’il me faut sauver ma peau, retrouver mon équilibre, mon plaisir, avoir les idées claires pour poursuivre mon chemin sereinement. Tout n’est pas perdu, j’ai du support de ma douce moitié, mais ce « support » arrive tard alors que la menace pèse au-dessus de nos têtes. Je ne puis affirmer pour l’instant que ce sera suffisant. Cette année sera l’année de la dernière chance. Tout mon petit monde est prévenu, maintenant je me décharge de tout ce poids sur mes épaules pour me replier vers mon centre. Je restitue leur part de responsabilité à chaque protagonistes. C’est un de mes trucs pour me débarrasser des petites mouches à la source.

  One Response to “Les mouches à fruit et l’interférence”

  1. Désillusion? Non… peut-être changement de vision.

    Mon père a l’habitude d’élaguer un peu son boisé chaque année pour ses arbres poussent mieux. Quant à ma mère, elle pose parfois des tuteurs à ses plantes pour les empêcher de s’affaiser.

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