Sep 212011
 
 September 21, 2011  Posted by  Voyage à New York

Voici la première partie de nos péripéties dans la Big Apple. Il est long,détaillé et plein de rebondissements! C’est la plus longue partie, quasiment 24h d’aventures “non stop”! Enjoy!

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Ah New York! Ville de démesure, ville décadente où l’on retrouve le meilleur et le pire des USA (remarquez ce n’est qu’une supposition grossière de ma part!). Comme nous allions au pays de la démesure, il allait sans dire que notre début de voyage se devait d’être rocambolesque et l’enchaînement des événements sans commune mesure….ET CE FUT LE CAS, nous avons été bien servis.

 Récit d’un périple et d’une agence qui n’avait « Pas-L-tours ».

Comme dans toute chose, il y a un début à tout. Notre début « débute » en mars au Vinni Gambini de Boucherville lors de l’anniversaire de Lorraine. Okay ma version des faits est la suivante : ma belle-soeur Julie déclare qu’elle aimerait dont se rendre un jour à New York. Éric, petit mari of mine délare « hey nous autres aussi »! De fil en aiguille, nous déclarons que ce serait tout un trip d’y aller à 6 (non non pas papa, maman et les 4 enfants!) : Beau-papa, belle-maman, belle-soeur, beau-frère, et bien sûr nous 2, Éric et Martine. Hein!!! Pas d’enfants? Non, « ruste » des adultes, comme dirait Bibi. Un beau trip d’adultes, les enfants, on vous amènera quand nous aurons fait un peu de repérage dans la ville.

Ainsi dit, ainsi fait. Nous voici dans les démarches de passeports qui finissent par arriver à la pièce pendant et après la grève/lockout de Postes Canada.

 Il faut dire que depuis longtemps ma chère amie Pascale me parle de cette ville mythique qu’elle a visité deux fois. Et puis il y a Francine aussi qui y est allée en famille, et mon amie Julie, mon amie Marike, Isabelle, une « collègue musicale », et notre ami Gilles et Carolina, Danielle et tous les autres collègues de travail d’Éric. Bref, je crois qu’après nous 6, le tout Québec y sera allé (ah non, il manquerait mes parents et ma sœur, mais ça, c’est une autre histoire)!!!!!

 L’été arrive avec les vacances…nous sommes tous très occupés alors on voit encore ce voyage de manière floue, évasive et rien ne bouge vraiment. Nous pensons tous à la fin de semaine du Travail, mais aucune démarche ne se fait, c’est l’été, septembre semble tellement loin. Nous sommes maintenant à 2 semaines et demie de la Fête du Travail, et là, on se déniaise!!! Éric trouve une agence de voyage, nous faisons une réunion à 6 pour discuter des dates, des modalités et de la faisabilité. Ouch aurons-nous de la place en un aussi court laps de temps??? Je suis en charge des réservations et la réponse de l’agence de voyage est : oui!!!! Nous réservons donc une occupation quadruple avec visite guidée et une occupation double (pour nous deux) en liberté. Je me rends sur place pour payer, je pose mes questions, tout est si simple, si facile, pourquoi on se compliquerait la vie?

 Et hop! On trouve la gardienne pour les enfants (merci maman et papa!), et re-hop! La gardienne pour Lyra (merci Julie, on a eu chaud là) et une p’tite visite au bureau de change, un p’tit appel à la banque, quelques courses pour grignoter dans le bus, une p’tite course pour conduire tout mon p’tit monde, des bye bye par ci, des explications par là et ÇA Y EST! Demain nous partons à 5h15 pour la Big Apple! Nous sommes excités et un peu stressés….après tout, c’est ma première visite d’une grande ville américaine, ma dernière visite s’étant limitée aux palmiers de l’aéroport de Miami en 1993!!

 Personne n’a vraiment bien dormi cette nuit-là.

 Et voilà qu’à trois heures le cadran nous réveille, signalant que le grand départ approche. Victime d’un trop grand zèle de la part de mon mari, qui, voulant s’assurer que nous serions à l’heure au Terminus Longueuil, me force à conserver quelques couettes mouillées pour me « rusher » dans le taxi à 4h a.m. (je vous avais dit que le Terminus est à peine à 10 minutes de chez nous et que le rendez-vous est à 5h a.m.?). En tout cas, rendu à ce point là, mes couettes ont séché et je pardonne à mon mari cet excès de zèle(non sans râler un peu!!!). Beaux-parents, beau-frère et belle-soeur arrivent vers 4h30- 4h40. Nous sommes tous très excités et d’excellente humeur. We can’t wait to be there!

Samedi 3 septembre 5h a.m.

Autobus en vue! Yeah! il est à l’heure. Après le changement de chauffeur, le premier ayant conduit de Grenville, Ontario jusqu’à Longueuil, nous logeons nos sacs et valises dans le compartiment à bagages. Premier constat, il n’y a pas de guide dans l’autobus. Hum, ok, on va l’attendre, le guide embarque peut-être à Longueuil?

Samedi 3 septembre 5h30

Le départ était prévu à 5h15 et toujours pas de guide. Une passagère (Marie-France) accompagnant son groupe à New York (elle possède une agence de voyage en Ontario) téléphone à l’agence, histoire d’en apprendre plus. Un commis, sur son départ, donne le numéro de cellulaire de la propriétaire. La propriétaire réussit à joindre sa guide qui est encore à Laval! (?&%*%#) Apparemment, le chauffeur d’autobus avait eu pour consigne de quitter à 4h15 alors que le départ de Laval était prévu à 4h30. Deux autres clientes sont avec la guide et ils arriveront dans 30 minutes. On se demande encore comment il se fait qu’environ 20 personnes ont trouvé l’autobus à destination de New York et que la guide, elle, ne l’a pas trouvé! Et on se demande également s’il est normale qu’une passagère ait effectué le décompte des passagers dans l’autobus à la place de « l’absente guide ». N’importe qui aurait pu « descendre » avec nous, la guide n’a jamais rien vérifié, même une fois sur place.

Samedi 3 septembre 6h

Marie-France nous garde au courant de la situation. Elle est en constante discussion avec la propriétaire et la guide. « Elle arrivera dans 5 minutes »!!! Elle arrivera effectivement 5 x 6 minutes plus tard!

Samedi 3 septembre 6h30

Okay voici la petite Écho rouge de Linda-la-guide., accompagnée des deux autres passagères restées à quai. L’autobus démarre en quatrième car il faut encore passer les douanes et rien ne nous garantit un passage rapide. Lacolle, here we come! « Inquiétez-vous pas », dit Linda-la-guide « Tous les autres autobus devant nous vont être passées, ça va aller vite ». Ben oui, nous devions faire partie des 4 premiers bus à passer, et là, en théorie nous serons parmi les 4 derniers. Facile, vite, efficace. « Ah oui,» fait encore Linda-la-guide, « n’utilisez la toilette de l’autobus qu’en cas d’urgence ». Facile à dire quand certains passagers sont en route depuis 3h du matin et que la guide accompagnatrice du groupe de Grenville a déjà distribué muffins et café en prenant la peine de mentionner à mon chum au passage qu’elle avait cru que c’était lui le guide (c’est le chapeau ça)!

Samedi 3 septembre 7h15/7h30

Arrivée à Lacolle, environ 15 autobus devant nous.

Samedi 3 septembre 8h30

On a pas bougé d’un poil et interdiction de sortir du bus.

Samedi 3 septembre 9h30

Ok on a peut-être 13 bus devant nous. Angèle Dubeau et la Pièta, Un conte de fées/fairy tales, ça serait bon à écouter.

Samedi 3 septembre 10h30

Les passages à la toilette de secours se font de plus en plus fréquents….pour quiconque ayant déjà voyagé en bus, vous savez de quoi je parle…l’air sera irrespirable jusqu’à New York.

Samedi 3 septembre 11h30

Linda-la-guide nous dit qu’elle a parlé au douanier pour que ça aille plus vite (entendez-vous les passagers rigoler?) Elle prend pour preuve ce véhicule douanier qui démarre en trombe pour, É-V-I-D-E-M-M-E-N-T aller chercher des effectifs supplémentaires suite à sa demande. Enfin une guide qui a du power!

Samedi 3 septembre 11h45

Permission d’un sympathique(tiens ça existe?) douanier d’aller aux toilettes du Duty Free canadien, à condition de demeurer à l’intérieur des bornes (entre les autobus et la barrière métallique) ET de revenir de suite à notre bus. En bon « Canadiens » obéissants, nous faisons quelques petites emplettes alimentaires au Duty Free et revenons bien peinards à notre autobus.

Au retour, un « chien de garde » engueule Linda-la-guide parce que nous sommes sortis du bus et menace de lui refiler une amende. Faudrait s’décider là!

Le 5è autobus devant nous vient de se faire tasser sur le côté car les chiens ont identifié un paquet suspect dans la soute.

Je refuse de me choquer, je décide d’être zen et de prendre la vie telle qu’elle arrive. Heureusement, mon beau-père partage ma philosophie car mon mari et mon beau-frère ne l’entendent pas ainsi. Ils n’ont certes pas tort, mais je vois mal le bien que la colère me fera alors que je devine que notre arrivée à N-Y ne se fera pas à 15h30!!

Samedi 3 septembre 12h30

Avant le départ, l’agence nous a téléphoné afin de prendre nos numéros de passeports et nos dates de naissance dans le but de faciliter le passage aux douanes. En effet, les nouvelles consignes « amaricaines » demandent (exigent oui) que les passagers voyageant en bus fournissent ces informations. Cette mesure était en marche depuis 2009 pour les aéroports. On arrête pas le progrès….de la paranoïa!

Notre autobus est enregistré, mais pas nécessairement les autres devant nous. Donc ça peut prendre jusqu’à une heure par bus. Et si un passager n’est pas citoyen canadien, il faut qu’il sorte et qu’il aille remplir des formulaires.

Samedi 3 septembre 12h50

Nous observons les voitures qui passent rapidement les douanes et nous les envions. Quelques unes sont choisies pour une fouille, mais dans l’ensemble, c’est rapide. Désormais, interdiction formelle de sortir de l’autobus, plus que 2 bus.

Samedi 3 septembre 13h

C’est notre tour! Nous sommes enregistrés, le douanier est sympathique, il repart avec nos passeports. La dame Belge va signer ses papiers….pourvu que personne n’ait apporté de citrons dans la soute.

Samedi 3 septembre 13h15

Nous passons…nous voilà en territoire américain en bonne et due forme. Cri de joie des passagers. Wooo minute, will we make it to NYC before 3h30 p.m.???

Samedi 3 septembre 15h30

Linda-la-guide nous amène dans LE bon resto où débarquer sur la route : le resto-buffet Golden Corral. Ils servent les meilleurs déjeûners…oups les meilleurs repas à des kilomètres à la ronde. C’est sûr que Linda et moi on a pas les mêmes goûts en matière de gastronomie. Alors nous voici au royaume du trop salé, trop gras et trop sucré. Au risque de paraître disgracieuse à vos yeux de lecteurs, je me surprends à « compter » le nombre de clients slims. La question de la taille de l’américain moyen n’est malheureusement pas une légende urbaine, si je me fie à l’échantillon du Golden Corral.

Samedi 3 septembre 16h30

Manger fait quand même du bien. De retour dans le bus, Linda-la-guide nous fait miroiter toutes les belles activités que nous ferons à l’arrivée. Il faut savoir qu’avec notre très compétente guide, tout est à 5 minutes d’autobus. Donc pour les 3 prochaines heures, elle changera autant de fois le programme de la soirée. BONUS! crie-t’elle constamment. Vient un moment où ça devient un running gag, les passagers se moquent d’elle ouvertement. Je n’aime pas cette attitude, mais il est vrai qu’elle est bullshiteuse. Elle n’a jamais pris la peine de nous expliquer les raisons de son retard, elle s’est contentée de nous répéter inlassablement que nous reprendrions le temps perdu (pensez-y, nous serons à NYC 3 jours et 2 nuits et nous avons déjà un retard de 7h). Soit elle se croit dans ses mensonges, soit elle nous prend pour de terribles idiots. Je vote pour la troisième option, elle répète son speach de vendeuse tel un perroquet répète les paroles qu’on lui a dicté.

Je demeure zen tout ce temps-là. Pour la première fois de ma vie je vais visiter cette ville mythique, pas question de laisser rien ni personne assombrir mon aventure.

Samedi 3 septembre 19h30

Linda-la-guide est silencieuse depuis un bon bout de temps….nous ne savons plus où elle nous mènera : à l’hôtel ou à NYC? J’observe les panneaux indicateurs pour constater que le chauffeur prend la direction de New York plutôt que celle d’East Rutherford où se trouve notre hôtel.

Finalement elle se saisit de son micro pour nous dévoiler le BONUS de la soirée : « Qui veut aller visiter l’Empire State Building ce soir »? Cinquante et unes mains sur 54 se lèvent…oups!

-Linda-la-guide a l’air déçue, nous fait remarquer Julie ma belle-soeur. Elle pensait peut-être aller se coucher à l’hôtel.

-Okay, voici ce qu’on va faire. Claude-le-chauffeur va nous déposer sur la 34è, et il va retourner se reposer à l’hôtel car il a terminé son temps de conduite réglementaire. Je vous ramènerai ensuite au Hilton par les transports en commun.

-J’aimerais que tu nous expliques, demande une passagère mécontente, comment tu vas faire pour nous ramener tous ensembles en transports en commun, nous remplissons à nous seuls un autobus.

-Pas de problème là-dessus, je l’ai déjà fait!

Hey si Linda le dit, j’ai aucune raison de douter! En plus je suis willing de prendre les transports newyorkais. Go for it! Je sens mon p’tit côté aventurière titillé.

-Bon je vous donne les billets pour l’Empire State. C’est facile et pas compliqué…on prend deux ascenseurs : le premier nous fait monter 80 étages et le deuxième 6. Ça prend une minute monter, on fait le tour et on se rejoint en bas. On magasine un p’tit peu et on retourne à Port Authority pour prendre le bus.

Good, good. Je l’avais dit que tout serait simple à NYC. King Kong, nous aussi nous nous accrocherons au sommet de l’Empire!

Samedi 3 septembre 20h00

Nous découvrons, enfin, les grattes-ciels de la Big Apple à la noirceur. Étrangement, je ne ressens pas la jubilation à laquelle je m’attendais à la vue de Manhattan. Une ville est une ville après tout. Mouais, je crois que je ne me rends pas compte que je suis un peu fatiguée et déçue d’arriver avec 5h30 de retard.

Samedi 3 septembre 20h30

Times Square du haut de l'Empire State Building

Nous avons franchi le Lincoln Tunnel et nous roulons sur la 34è. Le chauffeur nous débarque et Linda-la-guide nous donne rendez-vous à 21h30 ici à côté de ce giftshop. Nous voici dans l’entrée marbrée de ce géant édifice. La place est bondée. Voir la ville de soir, du haut de 86 étages et des 4 points cardinaux, y’a pas que nous que ça intéressait. Nous passons devant les pôvres qui n’ont pas de billets et l’attente débute….d’un œil avisée, Linda-la-guide comprend que personne ne sera au rendez-vous à l’heure et elle nous donne une généreuse extension de 15 minutes. Chaque fois que nous croyons avoir terminé une file, nous en découvrons une autre. Tiens, un contrôle douanier. Tout le monde, enlevez vos ceintures, vos bijoux, mettez ça dans une tite boîte, on va la rayon-x-é et vous passer au détecteur de métal pour s’assurer que vous n’êtes pas parent avec Ben Laden! J’A-D-O-R-E mon expérience!

En tout cas, à 21h45, nous ne sommes pas au rendez- vous, mais bien les prochains en file pour prendre l’ascenseur. C’est vrai que ça prend juste une minute pour monter! Je sens le vide sous mes pieds et la pression dans mes oreilles. En plus le cubicule est rempli à pleine capacité. My god! Après de multiples dédales de couloirs pour prendre le dernier ascenseur, nous aboutissons au sommet de l’Empire State! Y’a pas à dire, c’est haut! Un peu stressés, nous nous dépêchons de prendre des photos et d’admirer la vue entre deux caméras de touristes. On fait le tour vite vite vite, en tachant de ne pas nous perdre et on s’enligne pour le point de ralliement. On presse ma pauvre belle-soeur vers la sortie en la dissuadant d’acheter un souvenir, affirmant que tout est trop cher (ça c’était sûr) et qu’il faut rejoindre Linda-la-guide qui avait miraculeusement disparue après le passage aux douanes!

Nous arrivons au giftshopet faisons une tournée rapido. Éric et son père achètent des chandails. Moi j’attends car je voudrais voir ce qui s’offre à moi et ne pas acheter au premier spot venu….

Times Square sur le plancher des vaches

Linda-la-guide sort son plumeau et le brandit bien haut pour que nous puissions la suivre, mais réalise que tout le groupe n’est pas là…ils sont au casse-croûte à côté en train de savourer une pizza locale…il est maintenant 22h30, on commence tous à avoir faim.

Le plumeau de Linda

-Suivez-moi, on mangera à Port Authority, y’a des resto dans le Bus Terminal. Suivez le plumeau gang!

Samedi 3 septembre 22h30

Linda-la-guide, pensant nous faire plaisir, nous fait faire un « tour du bloc » avant d’aller au Terminal. Moi je le sais car je suis à côté d’elle et elle m’annonce ses intentions. Le problème, c’est qu’elle ne l’annonce pas à personne, et plusieurs ne comprennent pas pourquoi nous jouons aux sprinters en « tournant en carré ». Tout en tentant définitivement de suivre le plumeau, j’aperçois Times Square et je me réveille complètement à la vue des lumières. J’en suis même étourdie. Nous passons ensuite à travers Bryant Park qui se situe derrière la bibliothèque publique de NY. Chaque dimanche, on sort des livres à l’extérieur sur des étagères et les passants peuvent s’installer à même la pelouse ou à une table et siroter un café devant la fontaine, tout en lisant un ouvrage sur le thème de leur choix : psychologie, voyage, histoire, bref le tout dépendant du choix des bibliothécaires. Imaginez si on faisait cela à la Bibliothèque Nationale….wow!

Continuons….

Les rues sont animées et bondées de touristes, c’est un miracle que tous les membres du groupe se soient rendus à Port Authority. Nous avons vu peu, mais c’est mieux que rien, compte tenu des circonstances. Je suis contente d’être à New York, mais on est pas rendu dans le New Jersey encore….

La fontaine dans Bryant Park

Port Authority 22h55

Nous achetons à la hâte un morceau de pizza (c’est cher icitte hein?) et la guide se dépêche d’aller commencer à faire la file pour acheter les billets. Naïvement je croyais qu’elle allait les acheter pour tous, gracieuseté de la compagnie, mais je découvre que nous devons faire la file.

Malchance, l’employé au comptoir a terminé son shift, et il trouve que nous sommes trop nombreux, « go buy your tickets to the machines ». Bang, il déroule son tapis métallique,yé 23h00, fin de la discussion. Décidément, Linda-la-guide a le tour de négocier….« je fais ça depuis 16 ans moé ».

Dans l’autobus, on nous a remis un papier avec le programme de la fin de semaine, le numéro d’autobus ainsi que l’adresse de l’hôtel. Linda-la-guide commence donc par gosser sur la machine pour trouver la zone dans laquelle on s’en va (elle doit aller s’en enquérir, elle le sait pas!) et elle revient s’acheter un billet pour les 65 ans et + à 1,90$ qu’elle met prestement dans sa poche (non non elle a à peine 50 ans). Nous attendons tous après elle, mais elle ne fait rien de plus pour nous aider. Il est 23h30, nous sommes fatigués, plusieurs ne parlent pas anglais, nous sommes en pleine nuit dans une ville inconnue, la panique monte, et Linda-la-guide ne fait pas d’effort particulier pour assumer le leadership. Non elle, elle gosse sur la machine pour tenter de trouver comment on pourrait faire pour acheter une lisière de billets à tarif réduit, afin que les passager de 65 et + ne paient pas le prix régulier de 3,90$. Voilà presque 24h que nous sommes debout, payer 3,90$ nous dérangerait vous pensez? Je sens derrière moi le vent de panique. Je tente de m’acheter un billet mais la machine ne veut pas de mes dollars. À boutte, je sors ma carte de crédit et je commande une lisière de 10 billets. Ça je sais que ça va marcher! Je suis en colère et exaspérée car Linda-la-guide est ENCORE en train de gosser pour une hostie de lisières tarif réduit qui n’est pas offerte dans les options. Là ça prend un leader et ça presse! Sans même réfléchir, je me retourne et lance haut et fort : qui n’a pas de billets encore? Aussitôt, Marie-France vient me voir et nous convenons que je lui vends les billets excédentaires sur ma lisière. Sa mère vient me voir, carte de crédit à la main et m’enjoint de lui acheter 20 billets supplémentaires. Un couple vient me voir et nous nous arrangeons pour qu’ils aient des billets. Où est Linda-la-guide…? Devinez.

C'est en r'venant de New York, cafi cafouin

BON, quai no. 409….nous voilà en file. Une gentille local m’indique que le prochain bus arrivera à 00h20. Je crois qu’elle voulait dire 00h45 car le bus était drôlement en retard. J’ai pris l’Interstate deux fois en deux jours, et aucun bus n’est arrivé à l’heure. Entre temps, nous découvrons que 4 personnes de notre groupe n’ont pas le bon billet pour prendre le bus…devinez qui les avait guidé…? Cette fois-ci Linda-la-guide va s’assumer et changer les billets de ces pauvres gens.

AHHH! voici le gros bus. Notre groupe est chaotique. Les gens passent les uns devant les autres, tout le monde veut entrer dans le bus. Un gardien de sécurité vient même nous prévenir de nous tasser car nous empêchons la chauffeuse de se stationner adéquatement. Éric et moi sommes refoulés à l’arrière de la file tandis que ma belle-soeur et mes beaux-parents sont en avant. Mon beau-frère n’est pas loin devant nous.

Ce qui devait arriver arriva…avec le trafic local et nous 54, le groupe est coupé en deux. La panique est à son paroxysme. Voilà que la chauffeuse d’autobus, une imposante dame noire se plante au sommet des marches et déclarent aux infortunés voyageurs qui poussent désespérément : -Now you step back!

Linda-la-guide, telle une scoute, s’avance afin de nous faire la démonstration une fois de plus de ses grands pouvoirs de négociation…et elle se fait recevoir: -STEP BACK, STEP BACK NOW OR I CALL THE POLICE.

Linda-la-guide semble bien refroidie tout à coup. Elle reste sur le quai avec ce qu’il reste de notre groupe, environ une vingtaine de personnes. Un autre gardien vient nous informer que le prochain bus passera à 1h20 a.m. au quai 79. Une fois de plus, ce n’est pas Linda-la-guide qui trouve le quai mais un membre du groupe. C’est grand en titi Port Authority! Nous refaisons la file et c’est là que nous nous apercevons que sur le quai se trouvent Carl, Éric et moi. Nous sommes les seuls à parler anglais alors que ma belle-mère, ma belle-soeur et mon beau-père n’en parlent pas un mot. Nous avons une certaine inquiétude, mais je ne peux m’empêcher de penser qu’ils sont 30 dans l’autobus avec la petite feuille et l’adresse de l’hôtel, ça n’aurait pas été mieux si notre guide avait pris ce bus, ils se débrouilleront assurément.

À 1h40 l’autre bus arrive et nous découvrons avec plaisir qu’il s’agit d’un haïtien francophone ayant déjà habité Montréal! Il nous défile le nom des arrêts jusqu’à ce que nous soyons arrivés à bon port. Entre temps, ça parle francophone dans l’Interstate vers le NJ. Un gros colosse noir se penche vers son copain et lui demande s’il se souvient de ses cours de français….L’autre lui répondant par la négative, je lui offre spontanément des french lessons sur le champs. -That would be nice, répond-il en s’empressant de fermer les yeux et feindre le sommeil. Dommage, j’avais vraiment rien d’autre à faire pendant une demie-heure!

 -Ilton Omewoud Sou-ite hotel, nous lance notre sympathique chauffeur haïtien.

 -Merci monsieur, bonne nuit!

Nous distinguons le Hilton Homewood Suites Hotel au loin. Une autre marche de 20 minutes nous permettra de l’atteindre. Tout est calme dans ce secteur. Nous somme à East Rutherford. Au moment d’arriver à l’hôtel, je lance à la blague à la guide (oui je sais mon mari ne comprend toujours pas comment je faisais pour conserver ma « jovialité ») : que pourrait-il arriver de pire maintenant?

En riant elle me dit : -que l’hôtel explose!

Ouain, est bonne….Enfin nous y sommes!

Mais…qui voyons-nous dans le hall d’entrée? Claude-le-chauffeur! Il ne devait pas être couché? Il ne peut pas, l’agence ne lui a pas réservé de chambre. Pas plus qu’à la guide d’ailleurs et à deux autres membres du groupe. Oh boy…nous prenons nos clés et prenons nos bagages…pour constater que le sac à dos d’Éric est détrempé. Mon beau-père nous informe que la plupart des bagages étaient détrempés. Ma belle-soeur et ma belle-mère ont dû faire un lavage d’urgence dans le lavabo de la cuisine de leur suite. PFFFFFFFFFFFF! C’en est trop!!

Éric et moi allons porter nos bagages dans notre chambre du 6ème étage. Mon sac a été miraculeusement épargné, aucun de mes vêtements ne sont mouillés. Heureusement car je n’avais aucun vêtements de rechange, je voyageais léger. Je suggère à Éric d’aller nous assurer que ses parents et sa sœur sont bien installés dans leur suite. Éric se sent mal et responsable car c’est lui qui a trouvé l’agence de voyage. Quand bien même je lui dis que ce n’est pas de sa faute, il ne se sent pas moins inconfortable. Je le comprends quand même….nous nous faisions une joie d’avoir convaincu ses parents de venir avec nous à NYC. Malgré sa nervosité, mon beau-père a fait le move et maintenant toute cette aventure déboule et on dirait que ça n’arrêtera plus. Fort heureusement, mes beaux-parents ne nous en tiennent pas rigueur et sont plus résilient que nous le pensions. De mon côté je ne me sens pas mal, même si j’ai vanté la simplicité d’une telle escapade. Je suis consciente que je ne maîtrise pas les gestes, les circonstances et les actions d’autrui. Je ne sais pas si ce sont mes lectures des 4 accords Toltèques qui m’influencent, mais pendant ce quasi 24h debout, je n’ai jamais ressenti la moindre once de colère(ah oui dans le Bus Terminal tout de même) ou d’impatience et j’ai toujours pris les événements tels qu’ils se déroulaient. En tout temps j’ai conservé mon calme et cela m’a servi. Au demeurant, je ne me serais pas vu en train de paniquer avec les autres…on aurait jamais eu nos billets d’autobus!!!! Mais je n’ai pas parlé du lundi 5 encore. Là, j’étais pas mal moins peace and love

Nous avons peu d’heures de sommeil devant nous. Après avoir discuté des événements de la journée et nous être assurés que la belle-famille allait bien, nous sommes allés dormir un bon 3h30. 

  2 Responses to “New York New York (part 1)”

  1. […] Durant ce temps, je tue le temps. J’en profite au passage pour inviter une amie à venir avec moi. Il parait que ça met du piquant à trois. Qui plus est, ça me permet d’avoir les oreilles de quelqu’un pour décrire de long en large ma relation extra-conjugale d’amour adoslecente. Pour finir, je pourrai peut-etre convaincre cette amie, si elle a le goût de récidiver l’expérience, d’aller rencontrer mon amant à New York une prochaine fois. Après tout, elle connait maintenant tous les secrets de cette ville grâce à Linda-la-guide. […]

  2. […] Éric nous réveille tôt ce matin-là. Nous sommes excités, nous effectuons notre premier voyage à l’étranger. Notre seul souci est le passage aux douanes. Disons que notre dernier passage en septembre fut quelque peu…comment dirais-je…long et pénible? […]

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